Kohen
Kohen, Lévi, Israël : trois statuts hérités qui règlent encore l'ordre des appels à la Torah et le rachat du premier-né — et que personne n'a à deviner pour un invité.
כֹּהֵן
kohen · ko-HEN
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Le Kohen (au pluriel kohanim) est, dans la tradition juive, un descendant d'Aharon, le frère de Moïse, dont la famille était chargée du service au Temple de Jérusalem. Sans Temple, il n'y a plus de service sacrificiel, mais le statut demeure et garde quelques rôles très visibles : le Kohen est appelé le premier à la lecture de la Torah, il bénit l'assemblée dans la bénédiction des kohanim, et il reçoit le rachat du premier-né lors d'un pidyon haben. Selon la tradition reçue, ce statut se transmet par le père : c'est un héritage familial, qu'on ne « choisit » pas et qui ne change pas quand on change de synagogue.
La Torah demande à Aharon et à ses fils de bénir le peuple (Nombres 6:23 : « Parle à Aharon et à ses fils : ainsi vous bénirez les enfants d'Israël »). C'est de ce verset que vient la bénédiction que les kohanim prononcent les mains levées ; sa fréquence varie d'une communauté à l'autre.
Kohen, Lévi, Israël : trois statuts
On distingue traditionnellement trois groupes : les kohanim ; les lévi'im (Lévites), descendants de la tribu de Lévi qui servaient au Temple à leurs côtés ; et tous les autres, appelés « Israël ». Cette distinction se voit surtout à la synagogue. Pour la lecture de la Torah, le Choulhan Aroukh (Orah Haïm 135:3) l'énonce ainsi : « Un Kohen lit en premier, après lui un Lévi, et après lui un Israël ». La Michna (Guittin 5:8) range cet ordre parmi les dispositions prises « pour les voies de la paix » : fixer un ordre à l'avance évite que la communauté ne se dispute pour savoir qui est le plus distingué.
Le Kohen est donc appelé à la première aliya, le Lévi à la deuxième, puis viennent les appels d'Israël (voir la fiche sur l'aliya). Le Choulhan Aroukh (135:4) précise que l'usage courant est qu'un Kohen passe avant, même devant un grand érudit qui n'est pas Kohen, pourvu qu'il sache lire le passage, ou le suivre mot à mot avec le lecteur : la préséance tient au statut, pas au niveau d'étude.
Le pidyon haben, rachat du premier-né
Le verset des Nombres (18:15) dit que le premier-né de toute chair revient au Kohen, mais qu'on rachètera le premier-né de l'homme. Le Choulhan Aroukh (Yoré Déa 305:1) en tire une mitsva : le père rachète son fils lorsqu'il est le premier-né de sa mère. Il remet la somme prévue à un Kohen, dans une petite cérémonie familiale (voir la fiche pidyon haben). Les situations où ce rachat ne s'applique pas sont précises : en cas de doute, demandez à votre rabbin plutôt que de vous fier à ce que vous avez entendu.
Selon les communautés
- Séfarades et mizrahis : le statut de Kohen est en général connu dans la famille, souvent dans la communauté. La fréquence de la bénédiction des kohanim dépend de la synagogue : renseignez-vous sur l'usage du lieu.
- Ashkénazes : même ordre à la Torah (Kohen, Lévi, Israël). Certains noms de famille laissent deviner une ascendance de Kohen, mais ce n'est jamais une preuve : on ne s'y fie pas.
- Israéliens laïcs ou traditionnels : beaucoup savent qu'ils sont Kohen par leur père ou leur grand-père, sans pratiquer pour autant ; certains y tiennent le jour d'une fête de famille, d'autres pas du tout.
- Selon les familles : certains tiennent à être appelés comme Kohen à la synagogue, d'autres préfèrent ne pas en parler. Les deux attitudes se rencontrent dans toutes les communautés.
Ce que ça change pour une invitation
Premier principe : ne déduisez jamais le statut d'un invité de son nom de famille. Une personne qui s'appelle Cohen peut ne pas être Kohen ; un invité qui s'appelle autrement peut l'être. Le faire-part n'a pas à poser la question, le formulaire de réponse non plus : c'est le gabbay (responsable de l'office) ou la personne concernée qui en parle le jour même. Il n'y a pas de « bonne réponse » à attendre d'un invité, et aucune gêne à créer.
Si la fête comprend un pidyon haben ou une bar mitsva avec lecture de la Torah, la présence d'un Kohen compte. Le plus simple est d'en parler en amont avec le rabbin ou le gabbay, qui sauront qui est présent dans la famille ou la communauté, plutôt que de poser la question à tous les invités.
Pour les invités eux-mêmes, l'information utile est pratique : l'ordre des appels est réglé à l'avance, un Kohen n'a rien à prouver, et personne n'est tenu de se déclarer. Si vous prévoyez d'honorer des proches d'une aliya, vous pouvez le faire discrètement, via le gabbay, sans l'écrire sur le faire-part.
Ne mentionnez pas le statut Kohen/Lévi/Israël sur le faire-part et ne le déduisez pas d'un nom de famille. Si des honneurs sont prévus à la synagogue (aliyot, pidyon haben), vérifiez en amont avec le rabbin ou le gabbay, qui préviendront les personnes concernées en privé.
Sources consultées
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